dimanche 4 novembre 2007

Danse la poutine...


Si le livre de Charles-Alexandre Théorêt, Maudite poutine ! : l'histoire approximative d'un plat populaire publié chez Héliotrope fait jaser, c'est avec raison. Des origines controversées de la fameuse poutine (non, malheureusement, l'énigme n'est pas résolue définitivement) à son destin hors-québec en passant par tous les dérivés de la recette originale, on apprend que la poutine est un plat qui en dit long sur le Québec et ses habitants. Beaucoup de contenu, un contenant visuellement très intéressant, on ne peut s'empêcher de penser au magazine montréalais Urbania, en feuilletant Maudite poutine !

De statistiques en anecdotes de toutes sortes, Théorêt, dont on sent la véritable passion pour le plat dont certains (à ce qu'on dit !) sont honteux, nous montre les multiples visages de cet étrange mélange que l'on retrouve maintenant jusqu'au Vietnam ou au Burkina Faso. Sur un ton personnel, sans prétention, avec un humour de second degré, il nous offre même, en collaboration avec Alain Lafrance, sommelier et Mario D'Eer, biérologue, les meilleurs accords mets-vin et mets-bière pour accompagner notre poutine favorite.

On court à la librairie et sur le site internet du livre : www.mauditepoutine.com

samedi 27 octobre 2007

Cette semaine à Épilogue [28 octobre]



Valérie Gaudreau a rencontré Mario Dufour et Suzel Brunel, respectivement président et vice-présidente de la Commission des biens culturels du Québec pour la parution du livre Empreintes & mémoire portant sur l'arrondissement historique du Vieux-Québec à l'occasion du 400e anniversaire de Québec.

Bryan Saint-Louis et Danielle Bourgeois nous parlent de deux parutions aux Éditions Coup de tête.

Marc Allard a lu Les éteignoirs, essai sur le «nonisme» et l'anticapitalisme au Québec de Marc Simard.

Bryan Saint-Louis critique le recueil de nouvelles D'Ailleurs de Gilles Jobidon.

Épilogue, dimanche 11h
rediffusion lundi 10h
sur les ondes de CKIA 88,3-FM à Québec
En direct sur le web

dimanche 21 octobre 2007

La nuit, la vie

Stanley Péan n’avait pas publié d’ouvrage de fiction depuis quelques années. Il nous revient enfin avec un recueil de nouvelles, Autochtones de la nuit, publié aux éditions La Courte Échelle. «Le fil conducteur du recueil, c’est la noirceur», annonce l’écrivain. Le ton est donné.

Si on pouvait avoir l’impression que Stanley Péan était moins présent en librairie depuis quelques années, l’auteur n’a pas chômé entre temps pour autant. Au fil des ans, celui qui célèbre cette année ses vingt ans de métier comme écrivain s’est illustré tantôt comme président de l’Union des écrivains québécois, tantôt comme membre du Mouvement pour les arts et les lettres, ou encore comme rédacteur pour le journal littéraire Le libraire. Il a aussi tablé sur l’écriture de scénarios pour des projets de film ou de série télé, sur celle de deux livres thématiques, Jazzman et Taximan, et sur plus d’une cinquantaine de chansons. L’auteur a toutefois continué de publier des textes dans différents ouvrages collectifs, notamment dans la revue Alibis.

Le recueil qu’il présente aujourd’hui rassemble d’ailleurs sous une même couverture différentes nouvelles publiées depuis 2002. Des nouvelles noires, avertit l’auteur. Les thèmes abordés par les textes d’Autochtones la nuit sont en effet plutôt sombres. On y découvre la violence sous plusieurs formes. Vengeances exagérées, violence sexuelle, violence conjugale, violence gratuite : Péan s’offre un tour d’horizon du côté noir de la personnalité humaine. Par contre, les textes offrent souvent au lecteur l’envers de la médaille : un autre personnage éprouve souvent de la honte et des remords par rapport à la violence auquel il est confronté. À titre d’exemple, citons «Le samedi soir, quand la tendresse», dans laquelle un homme regrette de ne pas avoir dénoncé l’ami qui battait sa femme. Les tableaux sont généralement réussis. On est vite saisi par ces petites histoires, bien décrites, qui forment un tout cohérent et uni. On regrette qu’il manque parfois un côté un peu plus trash qui aurait encore mieux rendu la violence des personnages. Au sommaire, seule «Mal à l’âme», trop prévisible malgré la dureté de son propos (sur la pédophilie), déçoit. Aussi, le lectorat de Québec sera surpris de l’erreur commise dans «Aïcha», où la 8 devient l’autobus à prendre pour se rendre dans le Vieux-Québec.

La musique occupe aussi une place importante dans le recueil, notamment avec les nombreuses citations. En plus de Gainsbourg, qui donne le titre du roman, on retrouve des allusions à des artistes aussi variés que Diane Dufresne, Eminem ou Pagliaro. Stanley Péan ayant toujours donné une place importante à la musique, on est peu surpris d’apprendre qu’on a également produit une soirée de lecture-performance autour de Autochtones de la nuit, où l’auteur a lu des extraits de son recueil avec l’accompagnement musical et visuel des productions Rizhome.

Autochtones de la nuit, de Stanley Péan, chez La courte échelle, 228 pages.

samedi 20 octobre 2007

Froid dans le dos

Ce que le vent apporte par Jaime Martin - Collection Aire libre de Dupuis

Au nord de l'Oural, en 1916 : alors que la guerre sévit en Europe, un jeune chirurgien de Moscou est envoyé dans une région coupée du monde en tant que remplacement du docteur Ivanov, étrangement assassiné. Alors que le jeune médecin s'aperçoit que les villageois croient plus en la sorcellerie qu'à la médecine moderne, il réalise aussi que le village où il est posté s'avère être hanté par une bête étrange, qui n'est pas sans rappeler l'histoire de la bête du Gévaudan.

La forme sert beaucoup la forme dans cette bande dessinée : les dessins sont plutôt griffonnés, et les couleurs sont toujours sombres, sans éclat. On pousse ici l'exercice jusqu'à utiliser dans une case toujours la même couleur, mais dans des teintes différentes. Ce que le vent apporte est à l'image de toute la collection Aire libre, avec son côté artistique léché, et ne manquera pas d'en intéresser plusieurs.

Un seul trèfle à quatre feuilles à la fois!

Mamette - Tome #2 L'âge d'or par Nob - Glénat

Mamette, petite dame dans la soixantaine, se voit confier la garde d'un jeune garçon pour la période des vacances scolaires, alors que la mère de ce dernier part à l'extérieur de la ville. Aidée de ses ami(e)s, dont une vieille fille inflexible et une seconde, dépendante des prescriptions médicales, Mamette reprend donc un rôle de mère... Même si elle ne veut que le bien de l'enfant, celui-ci a pourtant tendance à la voir comme une plaie.

Si l'histoire coule sans grands bouleversements, elle ne manque pas de savoureux clins d'œil à plusieurs distractions de retraités. On rira entre autres de la dépendance de Mamette et de ses amies pour les billets de loterie instantanée... Les images, quant à elles, sont simples, sans trop de détails. Les arrières-plan sont en aquarelle et donnent un petit côté vieillot sympathique. Voilà une bande dessinée qui pourrait très bien plaire à un jeune lectorat féminin!

Toi, mon amour, mon ami


Dans C'est quand le bonheur, Martine Delvaux nous permet d'entrer au coeur d'une amitié privilégiée entre un homme et une femme. Ils se connaissent depuis une vingtaine d'années, ont traversé le temps, les épreuves, ont formé un couple il y a longtemps, ont tout partagé et se sont créé des souvenirs communs d'une enfance où ils ne se connaissaient même pas. C'est une série de tableaux, d'anecdotes, une sorte d'inventaire des moments où, bien ensemble, ils le trouvent, leur bonheur. Le lecteur qui se voit plongé dans cette complicité immense peut être déstabilisé par tant de proximité car il est rare d'être témoin d'une chose aussi privée et jalousement gardée que la relation entre femme et son meilleur ami mais le plaisir de découvrir cet espace clos dans lequel se cache la félicité fait vite oublier le malaise. Ce qui aurait pu ne rester qu'un simple exercice d'énumération nous apparaît finalement comme étant une oeuvre sensible et touchante dans laquelle plusieurs femmes reconnaîtront sans doute une relation qu'elles entretiennent ou souhaiteraient entretenir avec un homme, l'homme de leur vie.

dimanche 14 octobre 2007

Cette semaine à Épilogue [14 octobre]


• Valérie Gaudreau revient sur les 50 ans de la parution de On the road de Jack Kerouac
• Bryan Saint-Louis critique Autochtones de la nuit de Stanley Péan
• Marc Allard nous parle de l'essai Stumbling on Happiness du psychologue américain Daniel Gilbert
• Marco April cause BD!


Épilogue, dimanche 11h
rediffusion lundi 10h
sur les ondes de CKIA 88,3-FM à Québec
En direct sur le web