samedi 8 décembre 2007

Dans un grand nord loin de chez vous

Le cinquième ouvrage de la collection Coup de tête n’est toujours pas le roman de gare, le roman d’aventure ou le roman populaire prenant qu’on continue un peu d’attendre dans cette collection… On aimerait que les auteurs de cette série de courts romans s’amusent plus, fassent l’exercice de style, jouent, fasse de leur roman un plaisir coupable. Avec Les Territoires du Nord-Ouest, Laurent Chabin livre un histoire qui respecte son style d’écriture, sa logique de pensée, sa personnalité. Ce court roman en est un sérieux. Bien sûr, il n’y a rien de mal à tout cela : l’écriture du prolifique et talentué Chabin est particulière et elle pousse encore une fois à la réflexion. On a l’impression de lire le cousin thrash du roman Le vide, de Patrick Sénécal. Les descriptions sont prenantes, l’idée est dérangeante. Mais le ton est lourd, la pause s’impose. Un roman pesant, pour ses 81 pages, qui ne laisse pas sans questionnement. Peut-être un peu trop élitiste pour un roman de gare, voilà tout.

Les Territoires du Nord Ouest, de Laurent Chabin, aux éditions Coup de tête, 82 pages.

L'ailleurs de Gilles Jobidon

Après avoir publié quelques romans, des livres d’art et un recueil de récits poétiques, Morphoses, Gilles Jobidon nous revient cette année avec un premier recueil de nouvelles, D’ailleurs, une petite plaquette de 78 pages.

Les sept nouvelles qui composent ce recueil montrent que Gilles Jobidon sait créer des personnages habités et forts. Les histoires sont souvent axées sur un seul personnage et leur habile construction nous laissera un impact plus marquant. La seule exception à cette règle est « Ly Sanh », donc l’action est supposée se dérouler au Vietnam, tout de suite après la fin de la guerre. Malheureusement, la voix narrative du personnage ne colle pas au propos, ni pour l’époque, ni pour le lieu. Il s’agira d’un petit accroc : les autres histoires s’avèreront intéressantes à leur façon. Les plus réussies sont les premières, qui mettent en scène des personnages qui cherchent leur bonheur ailleurs, et finissent pas perdre celui qu’ils avaient déjà. On a presque cru que ce serait le thème général du recueil, mais on s’était trompé… Si on avait une autre critique à faire, ce serait peut-être qu’il manquait à ce recueil de fil conducteur.

D'ailleurs, de Gilles Jobidon, chez vlb éditeur, 78 pages.

vendredi 16 novembre 2007

Cette semaine à Épilogue [18 novembre]



• Valérie Gaudreau rencontre Simon Girard pour son percutant roman «Dawson Kid».
• Bryan nous parle du prix Robert-Cliche 2007, «Balade en train assis sur les genoux du dictateur» de Stéphane Achille.
• Épilogue revient d'une petite virée au Salon du livre de Montréal. Compte-rendu et observations.

Épilogue, dimanche 11h
rediffusion lundi 10h
sur les ondes de CKIA 88,3-FM à Québec
En direct sur le web

mercredi 14 novembre 2007

Grand-maman apparait!



Le petit Spirou tome #13 Fais de beaux rêves! par Tome et Janry, Éditions Dupuis

On connaissait déjà grand-papa : voilà que grand-maman «Spirou», elle aussi vêtue d’un costume de groom, fait son entrée dans le monde de son petit-fils, et ce de manière fort remarquée. Un gros bouleversement dans la vie du petit, mais la même façon de présenter la bande dessinée : encore une fois, on a droit a de petites histoires à la page, agrémentées par les personnages loufoques du prêtre, du professeur d’éducation physique et des amis du petit Spirou. Les histoires les plus amusantes restent encore les plus coquines, soit celles où on s'attarde sur les intérêts du petit personnage pour le sexe opposé. Mais qu'a-t-il pu se produire lors de son adolescence pour que tout ce côté de sa personnalité disparaisse à l'âge adulte! S’il devient un héro à la Indiana Jones, mais sans sex appeal, cela semble bien embêter le plus jeune!

En somme, un treizième album réussi, sans problème d’inspiration, qui laisse loin derrière les malédictions du chiffre 13! La qualité de dessin se poursuit, et des couleurs encore plus vives laissent croire que Dupuis aurait changé ses presses...

dimanche 4 novembre 2007

Danse la poutine...


Si le livre de Charles-Alexandre Théorêt, Maudite poutine ! : l'histoire approximative d'un plat populaire publié chez Héliotrope fait jaser, c'est avec raison. Des origines controversées de la fameuse poutine (non, malheureusement, l'énigme n'est pas résolue définitivement) à son destin hors-québec en passant par tous les dérivés de la recette originale, on apprend que la poutine est un plat qui en dit long sur le Québec et ses habitants. Beaucoup de contenu, un contenant visuellement très intéressant, on ne peut s'empêcher de penser au magazine montréalais Urbania, en feuilletant Maudite poutine !

De statistiques en anecdotes de toutes sortes, Théorêt, dont on sent la véritable passion pour le plat dont certains (à ce qu'on dit !) sont honteux, nous montre les multiples visages de cet étrange mélange que l'on retrouve maintenant jusqu'au Vietnam ou au Burkina Faso. Sur un ton personnel, sans prétention, avec un humour de second degré, il nous offre même, en collaboration avec Alain Lafrance, sommelier et Mario D'Eer, biérologue, les meilleurs accords mets-vin et mets-bière pour accompagner notre poutine favorite.

On court à la librairie et sur le site internet du livre : www.mauditepoutine.com

samedi 27 octobre 2007

Cette semaine à Épilogue [28 octobre]



Valérie Gaudreau a rencontré Mario Dufour et Suzel Brunel, respectivement président et vice-présidente de la Commission des biens culturels du Québec pour la parution du livre Empreintes & mémoire portant sur l'arrondissement historique du Vieux-Québec à l'occasion du 400e anniversaire de Québec.

Bryan Saint-Louis et Danielle Bourgeois nous parlent de deux parutions aux Éditions Coup de tête.

Marc Allard a lu Les éteignoirs, essai sur le «nonisme» et l'anticapitalisme au Québec de Marc Simard.

Bryan Saint-Louis critique le recueil de nouvelles D'Ailleurs de Gilles Jobidon.

Épilogue, dimanche 11h
rediffusion lundi 10h
sur les ondes de CKIA 88,3-FM à Québec
En direct sur le web

dimanche 21 octobre 2007

La nuit, la vie

Stanley Péan n’avait pas publié d’ouvrage de fiction depuis quelques années. Il nous revient enfin avec un recueil de nouvelles, Autochtones de la nuit, publié aux éditions La Courte Échelle. «Le fil conducteur du recueil, c’est la noirceur», annonce l’écrivain. Le ton est donné.

Si on pouvait avoir l’impression que Stanley Péan était moins présent en librairie depuis quelques années, l’auteur n’a pas chômé entre temps pour autant. Au fil des ans, celui qui célèbre cette année ses vingt ans de métier comme écrivain s’est illustré tantôt comme président de l’Union des écrivains québécois, tantôt comme membre du Mouvement pour les arts et les lettres, ou encore comme rédacteur pour le journal littéraire Le libraire. Il a aussi tablé sur l’écriture de scénarios pour des projets de film ou de série télé, sur celle de deux livres thématiques, Jazzman et Taximan, et sur plus d’une cinquantaine de chansons. L’auteur a toutefois continué de publier des textes dans différents ouvrages collectifs, notamment dans la revue Alibis.

Le recueil qu’il présente aujourd’hui rassemble d’ailleurs sous une même couverture différentes nouvelles publiées depuis 2002. Des nouvelles noires, avertit l’auteur. Les thèmes abordés par les textes d’Autochtones la nuit sont en effet plutôt sombres. On y découvre la violence sous plusieurs formes. Vengeances exagérées, violence sexuelle, violence conjugale, violence gratuite : Péan s’offre un tour d’horizon du côté noir de la personnalité humaine. Par contre, les textes offrent souvent au lecteur l’envers de la médaille : un autre personnage éprouve souvent de la honte et des remords par rapport à la violence auquel il est confronté. À titre d’exemple, citons «Le samedi soir, quand la tendresse», dans laquelle un homme regrette de ne pas avoir dénoncé l’ami qui battait sa femme. Les tableaux sont généralement réussis. On est vite saisi par ces petites histoires, bien décrites, qui forment un tout cohérent et uni. On regrette qu’il manque parfois un côté un peu plus trash qui aurait encore mieux rendu la violence des personnages. Au sommaire, seule «Mal à l’âme», trop prévisible malgré la dureté de son propos (sur la pédophilie), déçoit. Aussi, le lectorat de Québec sera surpris de l’erreur commise dans «Aïcha», où la 8 devient l’autobus à prendre pour se rendre dans le Vieux-Québec.

La musique occupe aussi une place importante dans le recueil, notamment avec les nombreuses citations. En plus de Gainsbourg, qui donne le titre du roman, on retrouve des allusions à des artistes aussi variés que Diane Dufresne, Eminem ou Pagliaro. Stanley Péan ayant toujours donné une place importante à la musique, on est peu surpris d’apprendre qu’on a également produit une soirée de lecture-performance autour de Autochtones de la nuit, où l’auteur a lu des extraits de son recueil avec l’accompagnement musical et visuel des productions Rizhome.

Autochtones de la nuit, de Stanley Péan, chez La courte échelle, 228 pages.