Bon : pour les filles, on dit des barres asymétriques, et non pas des barres parallèles. Et si mon souvenir est bon, Nadia Comaneci, gymnaste affamée, a reçu son fameux 10 à l’ancien Forum, et non pas au Biodôme. Mais sinon, voilà, c’est tout : il y aura bien peu d’autres choses de négatif à dire sur Le Bestiaire, le nouveau roman de Éric Dupont, étoile de plus en plus brillante dans la jeune littérature québécoise. Dans ce troisième roman, Dupont nous ramène en Gaspésie, entre Rivière-du-Loup et Matane, pour nous raconter une enfance romanesque sous le règne de Henri VIII, et ses douces, mais surtout Anne Boleyn, sa deuxième. Elle n’est pas toujours facile, la vie d’un enfant de baby-boomer indépendantiste : le narrateur vit les premiers divorces, les premiers échecs péquistes et les questionnements de l’enfance dans ce qui prend les allures d’une fable peuplée d’animaux de toutes sortes. Si on compare à La logeuse, le précédent roman de Dupont, qui a remporté le prestigieux Combat des livres de Radio-Canada, l’auteur arrive cette fois a créer une magie un brin moins littéraire, ce qui devrait l’aider à se faire connaître encore plus d’un public populaire. On rit, on sourit, on est attendri, et les jeunes Nadia réalisent qu'elles sont chanceuses que Teodora Ungureanu ait terminé deuxième! Dupont nous raconte une histoire et nous amuse sans trahir la littérature : c’est un coup de force trop rare, qu’on se réjouit de voir. Excellent.
Le Bestiaire, d'Éric Dupont, aux éditions du Marchand de feuilles.
vendredi 24 octobre 2008
9.987
Bonne fête, Québec!

2008 aura été pour vous trop pleine d’un optimisme sans borne pour Québec? Voici le livre à mettre entre vos mains : Québec, ville dépressionniste, du collectif qui porte presque le même nom, un petit livre remplit d’humour noir qui nous rappelle le passé (et le présent) parfois pas toujours rose de la ville de Québec. Une dizaine d’auteurs s’attardent là où ça fait mal : le corporatisme du mal nommé Carnaval de Québec, la « poétique » (sic) du séduisant boulevard Hamel, l’asservissement touristique du Vieux-Québec, la gloire du béton, l’architecture de l’Université Laval… et même la pauvre petit rue Xi’an, qu’on souhaite qu’aucun dignitaire chinois ne vienne visiter un jour. Les intentions sont claires, on ne donne pas dans la demi-mesure, et un peu à la manière de Michael Moore, les auteurs trouvent les bons arguments pour nous faire penser comme eux. La plupart d’ailleurs ont aussi une plume fort intéressante, ce qui rend la lecture d’autant plus agréable (bémol pour l’article de Yannick Lacroix, qui en fait décidément un peu trop). Pour le négatif, on aurait peut-être aussi aimé retrouver directement sous les photos qui illustrent l’album (pourtant abondantes et fort bien choisies) les commentaires qui les auraient expliqué, plutôt que de devoir aller fouiller constamment en fin d’ouvrage. À lire, ne serait-ce que pour savoir!
Québec, ville dépressionniste, par le Collectif de La Conspiration dépressionniste, chez Moult Éditions.
Il manquait peut-être une coupe de champagne...
Depuis 1992, chaque rentrée littéraire amène inévitablement son nouvel Amélie Nothomb. Cette année, c’est Le fait du prince que nous présente l’auteur belge : un roman où l’on boit beaucoup de champagne, qui nous ramène plusieurs thèmes connus par les lecteurs réguliers de Nothomb : le désir, l’amour, les non-dits… Le décor, lui aussi, est familier : un huis-clos, deux personnages, un homme, une femme. Le premier a usurpé l’identité d’un homme mort chez lui ; la deuxième, mystérieuse et suave, n’a pas vraiment d’identité, vit au jour le jour dans la résidence de l’homme dont elle ignore la mort. Ils discutent, boivent et ttombent amoureux, évidemment, sans que ni un ni l’autre ne se connaisse vraiment. Pourtant, malgré tant de familiarité, quelque chose est changé cette fois dans l’écriture de Nothomb. Moins de phrases marquantes, moins de style incisif : une histoire qui coule, tout simplement, à laquelle manque un peu de la magie habituelle de la plume d’Amélie Nothomb. À propos d’un précédent ouvrage, j’avais déjà dit qu’un roman d’Amélie Nothomb où l’amour va dans les deux sens (et où il manque donc un peu de haine) faisait un roman moins marquant, et l’impression qu’il nous reste après la lecture du Fait du prince va dans ce sens. Mais quand même, un livre d'Amélie Nothomb reste un Amélie Nothomb…
Le fait du prince, Amélie Nothomb, chez Albin Michel.
dimanche 21 septembre 2008
Les cadeaux de Dominique et Compagnie

Le secret de Sylvio – Lucie Bergeron
Les vacances sont arrivées et Simon quitte la ville pour aller chez son oncle et sa tante, à la campagne. Il arrive à la veille de l’anniversaire de sa tante et se voit confier une mission presque impossible, celle de cacher le cadeau que Sylvio, l’oncle, veut offrir à sa femme, curieuse et fouilleuse impénitente. La vie à la ferme n’est pas de tout repos pour le petit et le secret de Sylvio, dur à porter. Voilà un récit sympathique et drôle, plein de surprises et d’imprévus, qui plaira autant aux filles qu’aux garçons, dès 7 ans.
Tatiana au pays du vent – Marie Lasnier
Premier roman de l’auteur, Tatiana au pays du vent réussit à aborder des sujets sérieux tels que la santé, l’énergie propre et l’environnement, l’amitié et la famille, tout en restant accessible aux enfants. Tatiana, cette jeune biélorusse qui passe l’été en Gaspésie pour reprendre des forces est bien mystérieuse, aux yeux du petit Yvan, qui habite la maison d’à côté. Rapidement, une grande amitié se développe entre les deux enfants, qui ont beaucoup à apprendre l’un de l’autre. C’est avec une grande sensibilité que Marie Lasnier raconte la réalité de milliers d’enfants biélorusses qui vivent dans un environnement encore hautement contaminé, plus de 20 ans après l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl. On apprécie le complément d’information au sujet de l’organisme Séjour santé enfants Tchernobyl, en annexe, qui permet de mieux comprendre le fonctionnement et le but de ces séjours, dont des enfants comme Tatiana profitent grandement.
Le coup de cœur de la rentrée.
Lucie Wan et la maison des mystères – Agnès Grimaud
Lucie n’a pas la permission d’emprunter la ruelle derrière chez elle pour se rendre à l’école… mais entraînée par une chatte, qui semble l’avoir adoptée, elle s’y aventure et découvre une maison abandonnée où il semble se passer des choses étranges. Accompagnée par ses amis, Lucie décide d’aller au fond des choses et de découvrir la vérité au sujet de cette maison et des activités qui s’y déroulent… mais est-ce une bonne idée ? Une aura de mystère entoure ce récit dans lequel se côtoient l’insouciance de l’enfance et le milieu criminel…
Les voyages de Nicolas – Complot en Espagne – Camille Bouchard
Nicolas est à Pampelune, en Espagne, avec ses parents voyageurs. Son passage dans cette ville est l’occasion rêvée de s’amuser et de découvrir la tradition des courses de taureaux dans les rues, en compagnie de son ami Ubaldo. Mais ils apprennent bien rapidement que tout le monde ne voit pas d’un bon œil ces festivités. Un groupe de militants anti-corridas est dans les parages et entend tout faire pour gâcher l’événement, même s’il leur faut pour cela mettre en danger la vie d’enfants. Cette histoire pleine de rebondissements, parfaite pour les amateurs d’action, fait découvrir une culture qu’on connaît peu et nous fait réfléchir aux moyens parfois utilisés par les militants de toutes sortes pour parvenir à leurs fins.
dimanche 14 septembre 2008
Cette semaine à Épilogue [14 septembre]
L'équipe d'Épilogue revient pour une quatrième saison!
On commence le tout en douceur avec un regard aux nouveautés à venir. Romans québécois et étrangers, poésie, BD, littérature jeunesse. Que nous réservent les auteurs d'ici et d'ailleurs cet automne?
Aussi, l'équipe d'Épilogue commente le dossier du journal La Presse qui, la semaine dernière, s'est livré à l'exercice de dresser la liste des «Nouveaux classiques» de la littérature.
Épilogue, dimanche 12h
rediffusion lundi 10h
sur les ondes de CKIA 88,3-FM à Québec
En direct sur le web

