Avec son nouveau roman, L’œil de Marquise, publié chez Boréal, Monique LaRue propose une relecture de l’histoire du Québec, des années 50 à nos jours. L’œil de Marquise, c’est celui de la narratrice, dont les deux frères mettront toute une vie à dépasser leurs opinions politiques divergentes. Au lendemain du référendum de 1995, Louis apprend que le vote de son cadet Doris a annulé le sien. Après cela, les deux frères, fréquentant le même cercle d’amis, s’appliqueront à s’ignorer. La quête identitaire, omniprésente depuis l’enfance marquée par la discrimination dont a été victime le père, est devenue trop lourde. L’ombre du racisme n’est jamais loin, plane au-dessus de Louis à cause du casier judiciaire qui le suit depuis qu’il a été impliqué en 1966 dans un attentat à la bombe contre l’Impôt fédéral. Marquise, prise entre ses deux frères, prendra rarement position, comme si l’histoire qui se joue devant elle était trop grande pour son œil à elle. Toujours pertinente, Monique LaRue brosse un tableau qui s’étend jusqu’au 400e anniversaire de la ville de Québec et au projet avorté de reconstitution de la bataille des plaines d’Abraham. En liant si intimement plusieurs évènements de l’histoire récente du Québec au sort d’une famille déchirée, elle nous montre les cicatrices mal guéries d’un peuple en quête d’identité. Avec son écriture vivante et ses références culturelles fouillées, Monique Larue témoigne avec pertinence d’un Québec familier, complexe, mais ô combien aimé. dimanche 20 septembre 2009
Les deux solitudes
Avec son nouveau roman, L’œil de Marquise, publié chez Boréal, Monique LaRue propose une relecture de l’histoire du Québec, des années 50 à nos jours. L’œil de Marquise, c’est celui de la narratrice, dont les deux frères mettront toute une vie à dépasser leurs opinions politiques divergentes. Au lendemain du référendum de 1995, Louis apprend que le vote de son cadet Doris a annulé le sien. Après cela, les deux frères, fréquentant le même cercle d’amis, s’appliqueront à s’ignorer. La quête identitaire, omniprésente depuis l’enfance marquée par la discrimination dont a été victime le père, est devenue trop lourde. L’ombre du racisme n’est jamais loin, plane au-dessus de Louis à cause du casier judiciaire qui le suit depuis qu’il a été impliqué en 1966 dans un attentat à la bombe contre l’Impôt fédéral. Marquise, prise entre ses deux frères, prendra rarement position, comme si l’histoire qui se joue devant elle était trop grande pour son œil à elle. Toujours pertinente, Monique LaRue brosse un tableau qui s’étend jusqu’au 400e anniversaire de la ville de Québec et au projet avorté de reconstitution de la bataille des plaines d’Abraham. En liant si intimement plusieurs évènements de l’histoire récente du Québec au sort d’une famille déchirée, elle nous montre les cicatrices mal guéries d’un peuple en quête d’identité. Avec son écriture vivante et ses références culturelles fouillées, Monique Larue témoigne avec pertinence d’un Québec familier, complexe, mais ô combien aimé. samedi 12 septembre 2009
Épilogue est de retour
Le magazine littéraire Épilogue est de retour pour une cinquième saison!
Encore une fois cette année, l'équipe composée de Bryan Saint-Louis, de Valérie Gaudreau, de Claudine Dufour, de Marco April, de Danielle Bourgeois et des collaborateurs occasionnels vous proposeront des entrevues avec des écrivains d'ici et d'ailleurs, des critiques et des actualités du monde du livre.
Pour cette semaine émission, l'équipe vous propose un retour sur quelques lectures estivales et un survol des livres à surveiller lors de cette rentrée littéraire qui promet.
Aussi, Valérie Gaudreau parle du nouveau et percutant roman de Patrick Senécal, premier grand coup de la rentrée 2009 : Hell.com.
Épilogue, dimanche 12h
rediffusion lundi 10h
sur les ondes de CKIA 88,3-FM à Québec
En direct sur le web
dimanche 24 mai 2009
Bon été à tous!

Merci à tous nos auditeurs et auditrices et un chaleureux merci aussi à nos invités de la saison 2008-2009
En vrac, dans l'ordre et parfois dans le joyeux désordre:
Jean-Paul Dubois
Robert Lalonde
Andrée Laberge
Olivier Rolin
Nadine Bismuth
Max Ferandon
Jean-Frédéric Légaré-Tremblay
Stéphane Dompierre
Hans-Jürgen Greif
Neil Bissondath
Emmanuel Bouchard
Pierre Caron
Greg Sadetsky
Jean Désy
Judy Quinn
Jean-Sébastien Trudel
D.Y. Béchard
Philippe Girard
Jack Kerouac, Boris Vian et Stieg Larsson qui, pour une raison hors de leur contrôle, n'ont malheureusement pu se joindre à nous.
samedi 28 mars 2009
Cette semaine à Épilogue [29 mars 2009]

ROBERT LALONDE
Depuis La belle épouvante en 1981, Robert Lalonde a mené de front les carrières d’écrivain, d’acteur et de professeur.
Quelques titres, toujours beaux : Le dernier été des Indiens, L’ogre de Grand Remous, Où vont les sizerins flammés en été?, Espèces en voie de disparition... En tous plus d’une vingtaine de livres d’une oeuvre qui se poursuit avec la parution ces jours-ci d’Un coeur rouge dans la glace.
Un recueil de trois histoires où Robert Lalonde nous présente un genre différent : des histoires distinctes d’une soixantaine de pages chacune. Ni des nouvelles, ni des romans. Trois histoires où l’on retrouve des thèmes chers à Robert Lalonde : la solitude, la mort, le deuil et l’écriture. La littérature et les références aux écrivains qu’admire Robert Lalonde sont en effet très présentes dans ces histoires qui laissent aussi une belle place à la nature que Robert Lalonde décrit toujours de très belle manière.
Valérie Gaudreau a rencontré Robert Lalonde le temps d'un entretien stimulant et généreux où il est question de Virginia Woolf, d'écriture et de quelques vertiges nécessaires pour se sentir en vie!
Aussi, l'équipe d'Épilogue fait un survol de la programmation du Salon du livre de Québec qui se déroulera du 15 au 19 avril 2009.
Épilogue, dimanche 12h
rediffusion lundi 10h
sur les ondes de CKIA 88,3-FM à Québec
En direct sur le web
vendredi 6 mars 2009
L'oeil extérieur
En août 1998, Sylvie Nicolas est à Montréal : pendant ce temps, des agents de la DPJ débarquent chez elle et enlèvent sa fille, nous apprend-on en quatrième de couverture du nouveau recueil, espéré et attendu, Dix minutes avant l’heure aux montres de Dali. Rassurez-vous immédiatement, la poète n’est pas un bourreau d’enfant : c’est une vulgaire erreur sur la personne qui a motivé ce rapt irréel. Derrière cet événement, on sent l’amorce, ou plutôt la fin : celle où l’on décroche. On a l’impression que cette erreur sur la personne est une faille dans laquelle tout l’être de Sylvie Nicolas a glissé, au complet, et qu’elle regarde depuis le monde d’un autre ailleurs, avec un œil extérieur, critique, acerbe, mais sensible, réaliste et paisible. « Il suffit de peu pour étouffer le souffle lent des aurores boréales, pour leur retirer leur couleur », écrit Sylvie Nicolas, comme si elle parlait d’elle-même. L’enlèvement de sa fille a peut-être servi nourri et motivé l’écriture de ces nouveaux vers, mais il n’est pas question que de cet événement dans ce recueil : c’est un constat beaucoup plus large qui nous est livré. Les mots égratignent : quelle est au juste cette société dans laquelle nous vivons? Après quelques années de silence, Sylvie Nicolas nous revient enfin, plus sensible et engagée que jamais. Des images fortes, meublées de quotidien, rendent ce recueil accessible, direct et percutant.Dix minutes avant l'heure aux montres de Dali, de Sylvie Nicolas, Collection Mains libres, chez Québec/Amérique.
Le grand voyage
Pour ce nouveau roman, Éric-Emmanuel Schmitt revisite le mythe du grand voyage d’Ulysse. Il réécrit l’histoire en mettant en scène le personnage de Saad Saad, un jeune Irakien de Bagdad qui décide de fuir son pays, sombré dans le chaos après que les Américains aient reversé le régime de Saddam Hussein. Laissant derrière lui une famille décimée par les attentats, poursuivi par le fantôme de son père qui l’accompagne sur la route, Saad Saad débute un périple qui l’amène de l’Irak à l’Afrique du Nord, puis en passant par la Méditerranée à l’Europe. Saad Saad n’a en effet qu’un seul but, celui d’atteindre Londres : mais la vie d’immigrant clandestin n’est pas exempte de souffrance, et on se demande si le jeu en vaut la chandelle… La vie sera-t-elle vraiment meilleure à Londres? Éric-Emmanuel Schmitt nous offre certes un nouveau récit prenant, empreint de vérité et de réalisme, qui est de plus ancré dans l’actualité. Les personnages y sont encore une fois vivants et touchants, et le style de Schmitt ne manque pas de séduire le lecteur, qui se laisse rapidement happer par le rythme. Cependant, on ne peut s’empêcher d’avoir espéré une morale un peu moins facile pour ce qui reste, néanmoins, un très bon roman.
Ulysse from Bagdad, d'Éric-Émmanuel Schmitt, chez Albin Michel, 306 pages.
La réussite pour les nuls
Sur la couverture, deux jeunes héros souriants, sur fond étoilé, qui semblent avoir la vie devant eux. L’illustration style bande dessinée est coiffée d’un titre accrocheur qui transpire la luxure: « Comment devenir un VIP ». Bref, on pouvait croire que le docteur Yves Lamontagne nous présentait un petit ouvrage ludique et humoristique sur la longue ascension qui nous aurait conduit vers les hauts sommets de la réussite sociale. Tapis rouges et vie glamour, nous voilà!, pensait-on déjà. Mais aussitôt la lecture commencée, on se détrompe rapidement : ce sont les années de sagesse et d’expérience du docteur Lamontagne qui sont rassemblés et résumés dans ce petit guide, somme toute très bien réussi. C’est avec sobriété et retenue que l’auteur nous présente son cheminement personnel, dont il tire conseils et règles à suivre pour son lectorat. Quelques « évidences mêmes » nous attendent au fil des pages : faites bonne impression, soignez votre image, développer vos réseaux, soyez bien organisés… Le commun des mortels se retrouvera dans les grandes lignes, plus que dans d’autres, où Lamontagne passe à complètement à côté d’un public populaire : en effet, il n’est pas donné à tous d’avoir une secrétaire privée compétente ou de pouvoir s’inscrire à un club privé! Un guide pratique, mais qui ne sera peut-être pas essentiel à qui aura déjà su écouter les sages conseils de ses parents.Comment devenir un VIP, du Dr. Yves Lamontagne, chez Québec/Amérique