dimanche 18 janvier 2009

Chez moi, au fond des bois...

- Confessions animales : Bestiaire 2, Serge Bouchard, Les Éditions du Passage

Fin 2006, Serge Bouchard nous offrait les Confessions animales : Bestiaire, un beau livre très apprécié qui avait fait l’objet d’une chronique à Épilogue. Fin 2008, il récidive en nous offrant les Confessions animales : Bestiaire 2, parce que tout n’avait pas été dit. Parce que seules certaines espèces vivant dans nos grands espaces avaient parlé et d’autres voulaient aussi être entendues, parce que nous, lecteurs, voulions en savoir plus, aussi… Dans le même esprit que la première fois, avec un imaginaire animiste qui nous place « dans » la nature, on apprend à connaître les animaux d’ici, ceux qui occupent le territoire québécois et qu’on connaît mal, souvent. Du bison au huard en passant par la morue et le polatouche, c’est avec un délicieux mélange de poésie et de faits scientifiques, historiques ou mythologiques qu’ils se racontent à nous, pour nous aider à entrer en relation avec eux. Magnifiquement illustré par 12 artistes de talent, le livre est aussi accompagné d’un cd sur lequel Serge Bouchard lui-même lit des extraits tirés des deux tomes, sur une musique de Normand Corbeil. Si le Bestiaire 2 est un livre à laisser sur la table à café, il pourrait tout aussi bien trouver sa place dans la bibliothèque des plus petits, histoire de leur montrer qu’il y a, ici, des animaux qui ont bien des choses à raconter…

Des livres de cuisine à Épilogue ? Eh oui !

- L’anarchie culianire selon Bob Le Chef , Bob Le Chef , Les éditions La Presse

Arrivé en librairie juste à temps pour être offert à Noël, L’anarchie culinaire selon Bob Le Chef sera assurément l’un des coups de cœurs dans la section des livres de cuisine cette année. Après être entré dans nos cuisines par internet, Bob nous offre maintenant le livre tout désigné si l’on souhaite prendre de l’assurance devant les fourneaux. Parce que derrière des allure de rebelle indiscipliné se cache un chef rigoureux qui arrive à transmettre les techniques de base de la cuisine (et plusieurs trucs utiles !) de manière amusante. Il démontre aussi que la simplicité est souvent gage de succès et que pour être bonne, la bouffe n’a pas besoin d’être compliquée à préparer ! Avec une grande variété de recettes (une centaine) dont le prix de revient se situe toujours sous la barre des 10 dollars, L’anarchie culinaire selon Bob Le Chef a de quoi satisfaire tous les appétits. Il s’agit du cadeau parfait pour le neveu ou le petit frère qui quitte le nid familial et les casseroles de maman.

- Collection 500, Les Éditions Publistar

Une collection de 4 jolis petits livres : 500 tartes, 500 soupes, 500 délices au chocolat et 500 entrées. Le concept est simple et efficace : sous la couverture on retrouve 500 recettes sur un même thème, le tout joliment illustré et clairement expliqué. On y retrouve aussi beaucoup d’informations techniques tant à propos des ustensiles spécialisés dont on pourrait avoir besoin pour la réalisation de certaines recettes qu’à propos de l’origine historique ou géographique de des plats (on pense à l’introduction de 500 entrées, qui informe le cuistot des différences entre les mises en bouche que l’on retrouve en France, en Italie ou en Russie, par exemple). Des petits livres qui en ont dedans !

- Mon dernier repas, Melanie Dunea, Éditions ADA

Élaborer le menu de leur dernier repas, c’est un exercice auquel les cuisiniers, chefs ou non, se sont tous déjà livrés… parfois à plusieurs reprises ! Mélanie Dunea pousse le jeu un peu plus loin en demandant à 50 des plus grands chefs au monde (Gordon Ramsay, Alain Ducasse et… Martin Picard, entre autres !) d’ajouter des détails quant à la préparation même du repas, le décor dans lequel ils souhaiteraient se retrouver, qui seraient les convives présents à leur table, la musique qui jouerait et autres informations du même genre, qui permettent au lecteur de saisir encore un peu mieux la personnalité de chacun des chefs invités à se prêter au jeu. Magnifiquement illustré par des photographies de Dunea où le chef interrogé est mis en scène, Mon dernier repas est un livre qui plaira sans aucun doute aux épicuriens, aux curieux et à ceux que le monde gastronomique fascine… avec les recettes en prime, à la fin du livre.

- Plein de sandwiches d’ici, Les Éditions de l'Homme

Si l’été dernier, le Québec a trempé ses fromages dans l’eau de javel à cause de la listériose, cet hiver c’est entre deux tranches de pain qu’on les retrouve avec bonheur. La Fédération des Producteurs de Lait du Québec nous offre un tout petit livre dans lequel 52 recettes de sandwiches tous plus originaux les uns que les autres nous font découvrir autant de fromages d’ici. Un par semaine, c’est facile, pour encourager nos fromagers et découvrir le produit de leurs efforts. Pour nous faciliter la chose encore un peu plus, on retrouve à la fin du livre un répertoire des fromages dans lequel on nous dit si le fromage est disponible au supermarché, dans les épiceries spécialisées ou en fromagerie. Et comme si tout cela n’était pas suffisant pour nous convaincre de l’acheter, La Fédération des Producteurs de Lait du Québec versera tous les profits tirés de la vente au Club des petits déjeuners du Québec.

vendredi 9 janvier 2009

Cette semaine à Épilogue [ 11 janvier ]



Après quelques semaines de congé, l'équipe d'Épilogue est de retour pour la première émission de l'hiver 2009!

On commence ce nouveau segment de la saison avec un survol des parution à venir cet hiver.

Bonne année à tous nos auditeurs!
Nous vous souhaitons une année 2009 remplie de paix, de bonheur, de santé et de belles lectures!

Épilogue, dimanche 12h
rediffusion lundi 10h
sur les ondes de CKIA 88,3-FM à Québec
En direct sur le web

vendredi 28 novembre 2008

Cette semaine à Épilogue [30 novembre]


Cette semaine à Épilogue, Valérie Gaudreau rencontre un auteur de Québec, Max Férandon, pour Monsieur Ho, son premier roman publié aux éditions Alto.

Un livre tout simple et fascinant dans lequel Max Férandon nous présente Monsieur Ho, un fonctionnaire chinois solitaire et discret qui se voit confié la tâche improbable de recenser 1,3 milliard de Chinois. Une mission qui dérivera rapidement vers une exploration de la Chine d'aujourd'hui, pays immense faits de contrastes et de défis. Un pays vaste, complexe, multiple dont les habitants cherchent leurs repères entre communisme et capitalisme sauvage. Entre tradition et modernité. Sur la route, Monsieur Ho sera aussi confronté à son propre passé.

Aussi, à l'émission, Claudine Dufour nous fait la critique de La maison des temps rompus de Pascale Quiviger et Danielle Bourgeois nous parle de poésie.


Épilogue, dimanche 12h
rediffusion lundi 10h
sur les ondes de CKIA 88,3-FM à Québec
En direct sur le web

mardi 18 novembre 2008

Les vraies affaires

L’oncle de Eemeli Toropainen a passé sa vie à brûler des églises : pourtant, au moment de sa mort, il demande à son neveu de créer une fondation et de bâtir un nouveau lieu de culte en sa mémoire. L’entreprise est étrange, parce qu’elle est la demande d’un communiste athée, mais aussi jugée absurde, parce qu’il n’y a, juge-t-on, aucune raison de bâtir une nouvelle église en 1990, en Finlande, alors que la plupart des autres églises se sont vidées au fil des ans. Qu’à cela ne tienne, Toropainen réalise les dernières volontés de son oncle et crée autour de cette nouvelle église une petite communauté, Ukonjärvi, qui, verra-t-on, sera presque bénie des Dieux. En effet, à partir de cette prémisse, Arto Paasilinna crée dans une fable futuriste et pessimiste, mais réaliste (le roman a été publié en 1992), où le monde sombre dans une crise économique (entraîné par les problèmes de l’Allemagne) doublé d’un drame écologiste (une centrale nucléaire explose près de Saint-Pétersbourg) qui amène le monde vers la ruine, la famine, et finalement la guerre... alors que la petite communauté de Ukonjärvi survit et prospère. Avec son style caractéristique, son humour particulier et son sens du réalisme, Paasilinna prône encore une fois par l'entremise de ses anti-héros le retour à la nature et le gros bon sens, critique les travers de notre société de surconsommation, la lourdeur de la bureaucratie et notre manque de vision collectif. Le récit démarre peut-être un peu lentement, la communauté de Ukonjärvi est certes un peu trop idéalisée, mais à la fin du roman, c’est sûr, on aimerait tellement y habiter…

Le cantique de l'apocalypse joyeuse, Arto Paasilinna, éditions Denoël et d'ailleurs.

lundi 17 novembre 2008

L'écrivain masqué frappe encore

François Blais a déménagé ses lettres chez Hurtubise HMH pour ce troisième roman au titre impossible : un roman où on ne retrouve ni vengeur masqué, ni hommes-perchaudes, mais où l’on retrouve le style frais et toujours franchement drôle de ce jeune auteur – qui remporte sans doute cette année le prix de la prémisse de roman la plus citée dans les médias. Les recensions se font par contre plutôt rares, et pourtant on retrouve dans ce nouvel ouvrage quelques uns des ingrédients qui avaient fait de Nous autres, ça compte pas un livre remarqué. Encore une fois, deux jeunes de Québec habitent en marge de la société, se créent un confortable microcosme d’où les autres sont exclus, jugent au passage les autres citadins… Mais cette fois, tiens donc, la vie de bohème aurait peut-être assez duré? En utilisant la même graine, Blais arrive à se réinviter un peu pour une nouvelle histoire à la finale un peu plus sérieuse, qui arrive un peu trop vite. L’écriture reste toujours riche et vivante, et juste pour cela, ce nouveau Blais vaut le détour. Un petit bémol pour l’ajout d’un conte en parallèle, dont on ne comprend pas vraiment l’utilité (ou la symbolique?)...

Le Vengeur masqué contre les hommes-perchaudes de la Lune, de François Blais, chez Hurtubise HMH.

Bête sauvage

Résumer le deuxième roman de Laurent Chabin aux éditions Coups de tête, Speranza, c’est s’adonner au pire des exercices. Parce que tout de suite après avoir expliqué que Chabin propose ici une vision particulière du mythe de Robinson Crusoé, on pourrait être tenté de s’accrocher aux détails croustillants (genre quand le héros baise une chèvre pour assouvir ses pulsions pis qu’il la tue sans faire exprès parce qu’il est trop lourd, t’sais?) Pourtant, on a tout intérêt à mettre un peu de côté ce qui semble trop gros dans cette histoire (genre quand Robinson devient le dominant dans une relation homosexuelle particulièrement charnelle avec un jeune esclave qu’on avait emmené sur son île pour un sacrifice, t’sais?) et à se concentrer plutôt sur la réflexion philosophique qui se cache derrière cette fable : la société est-elle innée chez l’être humain? Les pulsions et réactions de l’homme sont-elles inhérentes à l’être humain et inévitable dès qu’on entre en relation avec d’autres êtres vivants? On a appris à connaître Laurent Chabin, à apprivoiser son style si particulier, cru mais intelligent, qui pose de bonnes questions sur l’homme et sa société. Par contre, dans Speranza, l’arbre cache peut-être un peu trop la forêt. Le lecteur trop sensible est peut-être mieux de s’abstenir, celui qui veut se questionner aurait intérêt à plonger. Comme un animal.

Laurent Chabin, Speranza, aux éditions Coups de tête, 90 pages.