En août 1998, Sylvie Nicolas est à Montréal : pendant ce temps, des agents de la DPJ débarquent chez elle et enlèvent sa fille, nous apprend-on en quatrième de couverture du nouveau recueil, espéré et attendu, Dix minutes avant l’heure aux montres de Dali. Rassurez-vous immédiatement, la poète n’est pas un bourreau d’enfant : c’est une vulgaire erreur sur la personne qui a motivé ce rapt irréel. Derrière cet événement, on sent l’amorce, ou plutôt la fin : celle où l’on décroche. On a l’impression que cette erreur sur la personne est une faille dans laquelle tout l’être de Sylvie Nicolas a glissé, au complet, et qu’elle regarde depuis le monde d’un autre ailleurs, avec un œil extérieur, critique, acerbe, mais sensible, réaliste et paisible. « Il suffit de peu pour étouffer le souffle lent des aurores boréales, pour leur retirer leur couleur », écrit Sylvie Nicolas, comme si elle parlait d’elle-même. L’enlèvement de sa fille a peut-être servi nourri et motivé l’écriture de ces nouveaux vers, mais il n’est pas question que de cet événement dans ce recueil : c’est un constat beaucoup plus large qui nous est livré. Les mots égratignent : quelle est au juste cette société dans laquelle nous vivons? Après quelques années de silence, Sylvie Nicolas nous revient enfin, plus sensible et engagée que jamais. Des images fortes, meublées de quotidien, rendent ce recueil accessible, direct et percutant.Dix minutes avant l'heure aux montres de Dali, de Sylvie Nicolas, Collection Mains libres, chez Québec/Amérique.

Sur la couverture, deux jeunes héros souriants, sur fond étoilé, qui semblent avoir la vie devant eux. L’illustration style bande dessinée est coiffée d’un titre accrocheur qui transpire la luxure: « Comment devenir un VIP ». Bref, on pouvait croire que le docteur Yves Lamontagne nous présentait un petit ouvrage ludique et humoristique sur la longue ascension qui nous aurait conduit vers les hauts sommets de la réussite sociale. Tapis rouges et vie glamour, nous voilà!, pensait-on déjà. Mais aussitôt la lecture commencée, on se détrompe rapidement : ce sont les années de sagesse et d’expérience du docteur Lamontagne qui sont rassemblés et résumés dans ce petit guide, somme toute très bien réussi. C’est avec sobriété et retenue que l’auteur nous présente son cheminement personnel, dont il tire conseils et règles à suivre pour son lectorat. Quelques « évidences mêmes » nous attendent au fil des pages : faites bonne impression, soignez votre image, développer vos réseaux, soyez bien organisés… Le commun des mortels se retrouvera dans les grandes lignes, plus que dans d’autres, où Lamontagne passe à complètement à côté d’un public populaire : en effet, il n’est pas donné à tous d’avoir une secrétaire privée compétente ou de pouvoir s’inscrire à un club privé! Un guide pratique, mais qui ne sera peut-être pas essentiel à qui aura déjà su écouter les sages conseils de ses parents.