
Cette semaine à Épilogue, Valérie Gaudreau rencontre un auteur de Québec, Max Férandon, pour Monsieur Ho, son premier roman publié aux éditions Alto.
Un livre tout simple et fascinant dans lequel Max Férandon nous présente Monsieur Ho, un fonctionnaire chinois solitaire et discret qui se voit confié la tâche improbable de recenser 1,3 milliard de Chinois. Une mission qui dérivera rapidement vers une exploration de la Chine d'aujourd'hui, pays immense faits de contrastes et de défis. Un pays vaste, complexe, multiple dont les habitants cherchent leurs repères entre communisme et capitalisme sauvage. Entre tradition et modernité. Sur la route, Monsieur Ho sera aussi confronté à son propre passé.
Aussi, à l'émission, Claudine Dufour nous fait la critique de La maison des temps rompus de Pascale Quiviger et Danielle Bourgeois nous parle de poésie.
Épilogue, dimanche 12h
rediffusion lundi 10h
sur les ondes de CKIA 88,3-FM à Québec
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Jade Bérubé
Cyrille Martinez
Le quatrième de couverture de Un monde de papier nous annonce l’histoire d’un homme qui « tombe » dans les pages d’un magazine féminin. On n’avait pas vraiment pris ce « tomber » au pied de la lettre en s’imaginant une histoire à la Rumeurs, où un pauvre garçon allait trimer à la création d’un magazine. « Tomber », ça veut vraiment dire tomber : sans trop qu’on sache comment ni pourquoi, le héros de Un monde de papier devient l’habitant des pages glacées d’un magazine qu’il feuillette. Au détour des pages, il y rencontre un mannequin de Hugo Boss, Uma (Thurman, devine-t-on) et quelques autres des personnages qui peuplent d’ordinaire les magazines féminins. Sa quête se dessine assez rapidement : il doit sortir de la revue, en délivrant par la même occasion, si possible, ses nouveaux amis de leur vie éphémère. Car voilà déjà que plane sur la revue une menace encore plus grande que celle de l’Ogre qui fait régner l’ordre dans les pages du magazine : la revue est jetée aux rebuts et bientôt, elle sera détruite...
On demande à un biographe d’écrire un livre de recettes inspiré des goûts culinaires de Maria Callas. Surpris par difficulté de la tâche, l’écrivain amorce une correspondance avec un éminent spécialiste, qui livre bribe par bribe, au fil de ses réflexions et de ses découvertes, des tranches de la vie de Callas, des anecdotes sur sa vie, sur son alimentation. Récit? C’est du moins ce qu’affirme la page de garde de Les recettes de la Callas. La quatrième de couverture nous dit aussi que « Réal La Rochelle s’aventure pour la première fois sur le territoire de la fiction ». Au fil des pages, il est difficile de ne pas voir le fantôme de l’auteur La Rochelle se dessiner derrière le personnage du spécialiste, ni de voir poindre ça et là quelques passages trop collés à la vie de l’auteur, lui-même grand amateur de Callas et biographe de Denys Arcand – ah! Voilà pourquoi on fait allusion aux Invasions barbares. La Rochelle s’est-il commandé lui-même un ouvrage sur la Callas que personne ne lui demandait? Trop de détails techniques, de numéro d’œuvres, de titres et même de références bibliographiques viennent entacher ce « récit » : on ne peut s’empêcher de se questionner sur la véritable nature de ce texte et les véritables intentions de l’auteur. Dommage : car La Rochelle a la passion de la Callas, c’est évident. Certaines des anecdotes du textes sont réellement intéressantes et peuvent faire découvrir la grande diva à un lectorat qui ne s’y connaît pas nécessairement en musique classique, ou qui ne s’intéresse pas déjà à la Callas. Malgré ses bons passages, c’est peut-être là que Les recettes de la Callas échoue : s’il fallait faire le passage vers la fiction, il fallait le faire complètement, et non pas travestir une biographie en y rajoutant quelques inexplicables et questionnables recettes de maman…
Finalement, une traduction de Neil Smith nous permet de découvrir cet auteur canadien anglais, né à Montréal, qui a entre autres été nominé plusieurs fois pour le Journey Price, un important prix littéraire canadien. Le recueil Big Bang nous laisse présager le meilleur. Les personnages de Neil Smith sont empreints de beaucoup d’humanité : ils sont riches, entiers, intéressants. Chacun d’entre eux, au cours du recueil, se retrouvent au bord du changement qui bouleversera leur existence. Partant de cette idée générale, Smith exploite des thèmes et des styles variés, amenant le lecteur de l’amour au cancer, de l’incroyable réalisme de la mort au fantastique, alors qu’on suit, quelques pages durant, le personnage d’une jeune fille de huit ans qui vieillit d’un an par jour. Smith joue avec un style simple, mais efficace. Un très bon moment de lecture.
Il y a peu d’Hitler dans le dernier recueil de nouvelles de David Albahari. Il y a bien peu de Chicago aussi : il faut savoir déchiffrer adéquatement la jaquette de l’ouvrage, qui nous montre en effet un Amérindien, découpé sur une carte de l’Europe de l’Est. Car c’est de l’ex-Yougoslavie dont il sera le plus question aussi, de l’Ouest canadien, d’immigration, de la population amérindienne, et de la difficulté à s’adapter à un nouveau pays et une nouvelle culture. Entre la nostalgie, l’oubli et la nouveauté, comment les différents personnages des nouvelles de David Albahari sauront s’adapter au Canada et à ses mœurs? L’écriture de Albahari est sensible. L’auteur, né en Serbie et maintenant immigré au Canada, a une connaissance profonde des thèmes qu’il aborde. À mettre dans les mains de tous ceux qui s’intéressent aux questions d’immigration et de diversité culturelle.

